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Nelly Olleson

Claude Carpent

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July 04

Berre les Alpes - juin 09

C'est donc avec la mort de Bambi que se sont tues les vacances.
Plus longues qu'à l'accoutumée. Ce n'était pas du luxe. Surtout pour ma petite soeur...
Dernières vacances à Berre-les-Alpes en compagnie de David, Gégé et les enfants. Une autre page se tourne. Qu'à cela ne tienne, l'année prochaine Yves et moi seront fidèles au poste.
Au boulot, la reprise s'est faite en douceur. Une autre Anne me manque...

Je m'en voudrais de ne pas partager ces quelques photos (cette fois, Isa, je t'éparne mes magnifiques "sandales de Jésus") :




July 02

Gone too soon...

J’ai appris la mort de Michael Jackson en début de soirée, vendredi dernier ; à Berre les Alpes. Chez ma sœur… Le matin du même jour, je me souviens m’être éveillé au son de « Human Nature » dans une version jazz de sublime facture entendue sur TSF, radio niçoise entièrement dédiée à ce genre musical qui constitue pour moi la bande son idéale des vacances sur la côte d’Azur.

Je me suis dit, en entendant ces quelques notes : « p… de bonne chanson tout de même… »

Deux jours auparavant, je farfouillais dans la discothèque de ma petite sœur ; à la recherche d’une compil’ de l’ami Michael que je trouvais de circonstance. Car pour moi, Michael Jackson, c’est cette partie d’enfance qui n’a jamais vieilli. C’est précisément l’univers musical qui nous a aidés, ma sœur et moi, à réapprendre à sourire quand, autour de nous, tout se disloquait…

J’ai mis du temps à réagir à la disparition de l’Artiste. Je ne me sens absolument pas capable de lui rendre un hommage à la hauteur de son talent.

D’ « I want you back » à « Butterflies » (sublime morceau qui figure sur son mésestimé dernier album) le fil de l’émotion est resté intact. Aussi cristallin que cette voix sans âge. Aussi rectiligne que ce pas de danse irréel.

Et dites vous bien ceci : le seul homme qui a, un jour, été capable de marcher sur la lune ; c’est Michael Jackson.Ni Armstrong.Ni noir.Ni blanc de peau.


June 10

Morrissey, Koningin Elizabeth Zaal. Lundi 06 mai 09. Antwerp.


La dernière fois que j’ai eu l’occasion de voir “la légende » sur scène, c’était au Zenith de Paris. Il y a 16 ans. A l’époque, le Moz donnait un de ses concerts les plus vibrants (immortalisé sur le cd live « Beethoven was Deaf »). C’était un homme à la croisée des chemins. Loin du frêle et grand échalas qui se pavanait avec un bouquet de lys dans le c… à Top of the Pops, au temps des Smiths. Loin aussi du robuste crooner qui, ce lundi, embrase la scène du « Palais des Beaux Arts » anversois.
On ne sait pas trop si se sont les résultats électoraux qui mettent Steven Patrick dans un tel état (l’extrême droite belge sacre Anvers capitale de la médiocrité) mais toujours est il que c’est en se jetant à terre que l’homme entre en scène. L’ambigüité de Morrissey reste intacte. On lui pardonne, aux premiers sons de sa voix.
On était en droit de craindre le pire. La plupart des concerts de ce milieu de tournée ayant été annulés pour cause de problèmes aux cordes vocales… Fort heureusement, ce soir, l’homme est en pleine forme. La voix d’ange est intacte. Mais elle émane désormais d’un drôle d’énergumène : hybride d’Elvis (période Vegas) et de Jack la Motta (tel qu’incarné par De Niro dans Ragging Bull).
Impeccablement sappé, l’homme n’hésitera pas à jouer de son imposante personne pour pousser le délire des premiers rangs à de paroxystiques crises d’hystérie (le service d’ordre aura fort à faire pour briser des étreintes ridicules et émouvantes à la fois)
La salle a beau être exclusivement constituée de places assises ; dès le premier morceau (un impeccable « This Charming Man ») le public se lève comme un seul homme. La part belle est faite au très décevant dernier album (qui sur scène, ne s’offre pas sous un meilleur jour). Mais les morceaux des Smiths emportent aisément la ferveur du public (« How Soon is Now » dans sa meilleure version, à ce jour ; « Some girls are bigger than others » qui renvoi Placebo à ses cours de popmusic ; « Girlfriend in a Coma » ou l’absence de Johnny Marr se fait cruellement sentir)
La décepton viendra du fait que Morrissey semble délaisser des classiques de son répertoire tels que : « The Last of the Famous International Playboys » ; « Bigmouth Strikes Again » ; « Suedehead » ; »Last Night I dreamt… » à ses fadaises power pop d’aujourd’hui.
Mais ne boudons pas notre plaisir, dans cette salle idéale, nous avons eu l’honneur de voir vieillir nos rêves avec panache ! Morrissey sait-il seulement que « Koningin » se dit « Queen » en anglais ?
May 17

Comme si la scène penchait...

Traditionnel pèlerinage musical aux Nuits Botaniques. Programmation digne des « Vieilles Charues » cette année. Et ce ne fut pas pour me déplaire. Zappé la hype Yuksek et Metric (ces amuses gueule aux saveurs malignes qui ont pour seul et unique but de maintenir notre appétit en alerte avant le retour de Daft Punk ou de successeurs enfin dignes de Pulp…). J’ai voulu revenir sur un coup de cœur : l’impressionnant  Hugh Coltman, découvert il y a un an, en première partie de Thomas Dutronc. J’avais alors été subjugué par cette voix magique et enjôleuse. Probable réincarnation des deux fantômes les plus hallucinants du rock contemporain (Jeff Buckley et Eliott Smith, pour ne pas les nommer…), l’Anglais le plus francophile du moment est venu nous livrer un set très (trop !) court et efficace. Fort de la sortie d’un premier album de facture classique mais de très haute tenue en matière de songwriting ; Coltman s’acoquine avec une bande de musiciens   option « à fond les boulons »   et livre un show électrique à mille lieues de l’intimité taquine qui l’avait révélé au printemps 2008. Cette formule a beau être au point, l’ami Coltman y perd en singularité. Et s’il s’en sort haut la main par rapport à l’insipide Grace ; il aura beaucoup de mal a survivre au phénomène Charlie Winston, tête d’affiche de cette soirée du 10 mai. L’auteur de « Like a Hobo » a surfé sur la vague d’un public entièrement acquis à sa cause ce soir là. Gouailleur et chaleureux à souhait, Winston a réussi à sublimer sur scène des compositions qui – à une ou deux exceptions près – sonnent un peu « bof » sur disque.

Toutefois, le vrai choc de cette édition 2009 fut pour moi le concert de Christophe. Non les filles, pas Christophe Willem, ni Maé… Grand dieu , non. Christophe tout court…aka « Le dernier des Bevilacqua » . Entouré d’une trentaine de musiciens, le chanteur rangé des voitures (à la suite d’un accident dont les séquelles seront exhibées sur écran géant. v. photo) était pourtant bien le seul survivant de sa propre légende. Un concert en deux temps. Avec entracte, à l’ancienne. Démarrage un peu poussif. Héléna Noguera n’arrivant pas à la cheville d’Isabelle Adjani sur le récent « wo wo wo wo ». Première partie quasi exclusivement axée sur son dernier et sublime album « Aimer ce que nous sommes » . Le Mons Orchestra se montre à la hauteur de la démesure des compositions cinématographiques du dandy finissant. Pascal Charpentier et Erik Truffaz, invités de marque, enluminent certaines chansons de fort belle manière. La mise en scène est captivante. Pourtant, le malaise est au rendez-vous. Car la rascasse est là. Qui attend les succès fous d’antan. La ménagère de plus de soixante ans veut du « Aline » ou du « Senorita ». Elle en aura pour son argent, tout au long d’une deuxième partie nostalgique qui aura pourtant la classe de ne pas sombrer dans la ringardise. Christophe ou le malentendu ? En tout cas, ce ne sont pas ses commentaires disons…euh…poétiques, entre ses chansons ,qui aideront l’homme à élucider son propre mystère.  Mais en a-t-il seulement envie ? Une chose est sûre : après la disparition de Bashung, Christophe est sans doute le dernier des géants à se produire sur scène. A l’écoute des « Mots Bleus », hier soir, l’émotion s’en trouvait démultipliée.

April 10

10 albums de printemps...

A la veille de mon départ por le lac du Der, voici les 10 albums que j'emporterai sur l' "ile aux Moutons ":

10.Bat For Lashes : "Two Suns" : retour en grâce de la belle Natasha Khan. Un joli "sur-place" sous forme d'exercice de style purificateur.
09. U2 : "No line on the horizon" : on avait un peu de peine à le dire, mais le dernier bon album de U2 étant celui de Coldplay, peu de choses sinçères se profilaient à l'horizon des irlandais...Force est de constater que ce dixième album est d'un tout autre calibre que le petard mouillé, très injustement intitulé "how to dismantle an atomic bomb". Ici, c'est un U2 ressourcé qui se livre humblement sur ce chainon manquant entre "The Unforgettable Fire" et "Achtung Baby".
08.Polarkreis 18 : "The Colour of Snow" : de jeunes chevaliers teutons conjuguent la pop à l'ère Placebo. La meilleure saveur en provenance d'Allemagne depuis Propaganda...
07.Variety Lab : "Team Up!": un peu en deçà des attentes alimentées par les fabuleux singles qui ont précédé sa sortie; cet album est tout de même une belle réussite. Orgie totale (partenaires multiples :Donovan; Yael Naim; Sharko...) et maîtrise consommée. Equipe de choc.
06.Lily Allen "It's not me, it's you" : la reine des chipies remet çà...en plein dans le mille. Chronique aidulée de ces temps (pas si) difficiles. Pourvu qu'elle ne baisse pas les bras...
05.Yeah Yeah Yeahs : "It's blitz" : virage electro pop à 2600°. La greffe prend. Catchy à souhait. Emballé, c'est pesé !
04.Loney, Dear : " Dear John" : quand la lo-fi mélodique se frotte à l'electro désertique...un pur miracle auquel Jean-Sebastien Bach n'est pas étranger...
03.Andrew Bird : "Noble Beast" : le contrepied indispensable au "Dear John" de Loney, Dear. Maîtrisé de part en part; organique; autrement baroque. L'album d'un génie méconnu...
02.Sliimy "Paint your face" : va te rhabiller, Mika !
01.Pet Shop Boys "Yes" : en matière de pop-music: il y a les Pepettes et il y a les autres... Bien au delà de la daube...